La convalescence

 

IMAGE : JULIA SOBOLEVA - ON DIRAIT LES BORDS DE L'AIN TIENS. IL S'Y LOGE LES MEMES CREATURES. 


[Un texte haché et multiple, avec des phrases qui semblent comme en déroute, sorties du chemin. Pour une thématique sur la réminiscence et le PTSD, ça se tient]. 


Je vais mieux. 
Je vais 
mieux. 
Les jours ont chargé leur lot de problèmes. Je pense encore au regard jaune et absent d'O. qui dansait sur la place en des gestes étranges et désarticulés. La prise du four brulée. Le déchocage. Ces mots dans ma tête et la réunion. J'ai dit je vais essayer d'être juste
À l'atelier j'ai nettoyé la vitrine, vidé le bac de décantation, je me suis débarrassé de vieux blocs de terre. De visite dans l'appartement sale. Dans l'entrée de l'immeuble ça sentait fort la cantine. 
Journée à rallonge, j'ai vidé le cabanon, transporté les palettes à bout de bras. Je repensais à ces longs efforts pour les désosser, je repensais à quand toute cette mascarade avait débuté, en octobre au jardin. (Ils ont rasé la sauge offerte au printemps dernier et les pieds de verveine). 

Je repensais, quand est-ce que ça avait commencé au juste ?
La morsure et le déclin.
La pluie infinie. 
C'est vrai, il a tant plu cette saison là. 
Je ressassais encore. 

Et vendredi, alors je relatais le sentiment de dichotomie entre mes capacités à analyser et mon envahissement émotionnel, on m'a dit ces termes et on m'a expliqué : dissociation primaire.
Ce n'est pas venu tout seul. Il parait qu'il faut faire le deuil des responsabilités. Je suis cerclé par les lâches depuis le départ. 

Je répare mon corps, je rêve toujours de la même chose et la nuit dernière j'ai rêvé que je dormais dix-sept heures. Parfois les mauvais sujets de ces mois derniers interfèrent. La prochaine personne que je laisserai me dire que je dramatise n'est pas encore née. 

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